La rosacée oculaire se caractérise par la présence des manifestations suivantes : yeux rouges, sensation de corps étrangers, sécheresse, démangeaisons, sensibilité à la lumière, mauvaise vision, inflammation de la conjonctive et du bord de la paupière. Elle est le plus souvent diagnostiquée lorsque la forme cutanée de la rosacée est également présente. Dans certains cas la forme oculaire de la rosacée précède la forme cutanée de plusieurs années.

La rosacée oculaire trouve son origine dans le dysfonctionnement des glandes de Meibomius. Ces glandes sont réparties le long des paupières inférieures et supérieures et sécrètent une substance huileuse qui s’ajoute au liquide lacrymal, les larmes. Cette substance remplit de nombreuses fonctions. En particulier, elle prévient l’évaporation des larmes et participe à leur étalement sur la surface de l’œil lors des clignotements des paupières. Bien qu’indirect, son rôle dans la lubrification des yeux est donc essentiel.

Pour certaines raisons, la substance secrétée par les glandes de Meibomius peut devenir légèrement plus épaisse que la normale chez certaines personnes, entrainant alors l’obturation du conduit qui permet de libérer cette substance au niveau de la surface de l’œil. La production de cette matière huileuse ne s’arrêtant pas, les glandes peuvent progressivement se remplir et gonfler sous la pression de la substance secrétée, favorisant l’inflammation des paupières.

Dans certains cas prononcés, un kyste au niveau des paupières peut alors se créer. Dans beaucoup d’autre cas, ce dysfonctionnement va entraîner une sécheresse des yeux, une inflammation du bord des paupières (blépharite), mais aussi dans certains cas de la conjonctive (yeux rouges) et des cils. Ces symptômes se traduisent par le bord des paupières rouges mais aussi par l’apparition de vaisseaux sanguins à la surface de la conjonctive (yeux rouges) dans certains cas.

Comme la rosacée cutanée, la rosacée oculaire ne peut être soignée de façon définitive et nécessite donc un traitement d’entretien long, voire permanant. Une hygiène rigoureuse des yeux et des traitements à base d’antibiotiques (oraux ou topiques) permettent cependant d’en minimiser les symptômes. Sans traitement, la rosacée oculaire peut constituer une affection grave, allant même jusqu’à la cécité dans certains cas exceptionnels. Elle doit donc faire l’objet d’une consultation chez un ophtalmologiste.

A l’image de la forme cutanée, il est très difficile de se débarrasser de la rosacée oculaire. Si des solutions thérapeutiques autorisent aujourd’hui une prise en charge adaptée de cette affection, elles ne permettent malheureusement pas un traitement définitif. Il est donc important que le malade prenne conscience de la nécessité de répéter les soins à chaque apparition de l’affection.

Traitement de la rosacée occulaire

Le massage des paupières

Dans un premier temps, la prise en charge de la rosacée oculaire va consister à traiter les glandes de Meibomius dont l’obturation est à l’origine de l’inflammation de l’oeil et donc de son aspect rouge… ⇒ La Rosacée Oculaire. Un massage biquotidienne des paupières va permettre d’évacuer mécaniquement la substance accumulée au niveau des glandes. Bien qu’il puisse apparaitre contraignant, ce massage constitue la clef du traitement de la rosacée oculaire.

Pour être efficace, le massage doit être effectué comme suit:

  • Appliquer une compresse imbibée d’eau tiède sur la surface des yeux pendant 5 minutes. La chaleur de la compresse va permettre de liquéfier l’huile et donc de faciliter son évacuation.
  • En suivant, appliquer fermement votre majeur de la main droite sur la joue droite et à l’aide de votre index masser votre paupière droite inférieure en effectuant un mouvement de bas en haut. Ceci doit permettre d’extraire l’huile contenu dans la paupière à l’extérieur de celle-ci. Pour faciliter cette extraction, orienter votre regard vers le haut.
  • Ce massage doit être réalisé tout le long de la paupière de façon à nettoyer l’ensemble des 20 à 30 glandes situées sur chaque paupière.
  • Répéter ceci pour la paupière supérieure puis pour l’œil gauche.
  • A la fin du massage, rincer abondamment l’œil avec du sérum physiologique sans conservateurs pour le nettoyer de l’huile extraite des glandes.

Pour débuter, il est important de réaliser ce massage deux fois par jour, matin et soir. Après une semaine, les glandes doivent être normalement désobstruées. Deux à trois massages par semaine, espacés de façon régulière, sont alors suffisants. Le rétablissement de la fonction de lubrification induit la disparition de la sécheresse des yeux, puis de l’inflammation des paupières (blépharite) et de la conjonctivite parfois associée. Les yeux tendent alors à devenir moins rouges. Les massages ne sont pas toujours suffisants pour traiter efficacement la rosacée oculaire et il peut être nécessaire de les conjuguer à un traitement.

Traitement par antibiotiques

La rosacée oculaire peut être traitée par voie générale. La doxycycline constitue alors le traitement de référence. Elle est efficace sur la plupart des symptômes de la rosacée oculaire (blépharite, conjonctivite, sécheresse de l’œil). L’oxytétracycline qui est une substance de la même famille que la doxycycline constitue une alternative.

Traitement Local

Il existe différents traitements locaux à base d’antibiotiques (sous forme de gel ou de collyre) qui ont pour but de limiter le développement des bactéries au niveau des paupières. Il est conseillé de conjuguer leur application à la pratique du massage des paupières de façon à maximiser l’effet du traitement. Les traitements locaux les plus souvent rencontrés sont:

  • L’acide fusidique sous forme de gel: Fucithalmic (Laboratoire Leo)
  • Tétracycline sous forme de collyre : Posicycline 1% (Laboratoire Alcon)
  • Fluoroquinolone en collyre ou pommade : Ciloxan 0,3 % (Laboratoire Alcon)
  • Le métronidazole en gel à 0,75 %: Rozex (laboratoire Galderma)