Mon acné – Page 3

Cependant, ma réelle défaite – et je le comprends aujourd’hui – a été mon manque de clarté vis-à-vis de mon mal-être. Depuis quelques temps déjà, mon dermatologue me parlait de ce traitement miracle connu sous le nom de Roaccutane. Derrière ce nom, une solution, mais avant tout, une liste longue d’effets secondaires, certains banaux, d’autres effrayants.

Il était clair, aux dires du spécialiste, que ce traitement allait être difficile, d’autant plus pour un jeune adulte qui était prisonnier de tant de souffrances.

Alors, pendant longtemps, ma mère et moi étions d’accord pour ne jamais, ô grand jamais, accepter ce traitement.

On m’a souvent dis de ne jamais dire jamais. En Août 2016, la vie m’a confirmé ce diction, de la pire des manières.

Je ne vais pas m’étendre sur ce qui est arrivé cet été là, car comme beaucoup d’histoires compliquées, quelques mots suffisent. Je suis tombé fou amoureux de la mauvaise personne. Et comme on peut s’y attendre, elle m’a laissée au moment où j’avais le plus besoin d’elle.

Ma réponse à cette épreuve a été violente. Une véritable tempête pour ma famille qui était loin de se douter de la souffrance qui me torturait depuis tant d’années.

J’ai pleuré. Beaucoup.

Et avec le peu de forces qu’il me restait, j’ai exigé deux choses.

Démissionner de mon BTS à venir.

Et prendre le Roaccutane.

Je pense sans vraiment en être sûr que ce chagrin d’amour a fait apparaître toutes mes souffrances aux yeux de mes proches. Il était clair à ce moment là qu’aucun futur ne pourrait être envisagé avec l’acné. Qu’aucun futur ne pourrait être envisagé dans le milieu scolaire.

Aussi, dans un sens, j’ai commencé à m’attaquer à chaque aspect négatif de ma vie.

J’ai reproché à ma mère, à mon père, aux enfants de mon père, à moi-même… J’étais dans ce qu’on pourrait appeler une phase destructrice. Ma famille a souffert de ces reproches, parfois violents. Mais aujourd’hui, même si je regrette la façon dont j’ai prononcée certaines choses, je sais que tout cela était nécessaire. J’avais besoin de remettre les pendules à l’heure.

Je me souviendrai toujours de ce moment chez le dermato. Je crois qu’à ce moment, ma mère, lui et moi, étions sans même le dire d’accord. Et je ne remercierai jamais assez ce Docteur pour avoir eu le courage de me prescrire Roaccutane malgré ma situation. C’était un risque, un pari avec et à l’encontre de la vie.

J’étais dépressif, au bort d’un véritable décès psychologique, et on m’a prescrit un médicament qui a entraîné dans de rares cas des tentatives de suicide.

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