Les conséquences psychologiques que peut induire la rosacée sont souvent importantes et s’avèrent même dans beaucoup de cas plus handicapantes que les symptômes physiques. Malheureusement, la prise en charge de la rosacée se limite trop souvent à un traitement axé seulement sur les effets visibles de celle-ci. Bien que cela exige un investissement important, lutter contre les effets psychologiques de la rosacée peut apporter un réel mieux-être et favoriser l’acceptation de cette affection.

Une relation physico-psychique étroite

L’impact de la santé mentale d’un individu sur les symptômes physiques d’une maladie est toujours difficile à évaluer. Cependant, l’existence d’un lien étroit entre la condition mentale et physique d’un malade souffrant de rosacée est très largement partagée. Le stress et l’anxiété constituent d’ailleurs des facteurs aggravants de la rosacée reconnus. Beaucoup de témoignages font état d’une dégradation, voire même de l’apparition, des symptômes de la rosacée suite à un évènement émotionnellement fort (accident, divorce, stress professionnel, décès, etc…). De même, il peut être régulièrement observé une nette amélioration de la maladie suite à une évolution positive de la condition mentale du malade. Les personnes dont la rosacée peut avoir une incidence significative sur leur moral sont donc doublement encouragées à se préoccuper de cet aspect.

Accepter la maladie en tant que telle

Le mal-être induit par la rosacée trouve souvent son origine dans la difficulté qu’éprouvent nombres de malades à accepter la rosacée comme une simple maladie. Le sentiment de honte qui entoure la rosacée a trop souvent tendance à installer un véritable déni de celle-ci. Ce déni est d’autant plus regrettable qu’il interdit également une prise en charge thérapeutique efficace. Dans un premier temps, il est donc essentiel que le malade prenne conscience que les manifestations dont il est l’objet sont les symptômes d’une véritable affection et qu’il n’est donc nullement justifié de ressentir un sentiment de malaise vis à vis de ces symptômes.

Parler de sa maladie : un pas décisif vers le mieux-être

Accepter la maladie, c’est aussi savoir en parler. En parler à son entourage est un atout remarquable dans la lutte contre les effets psychiques de la rosacée. Par son caractère affichant, la rosacée est souvent le sujet de commentaires malvenus de la part de l’entourage. Ces commentaires, parfois blessants, qui ont pour origine la méconnaissance de la maladie tendent alors à renforcer le sentiment de honte déjà présent. Parler avec des mots simples de la rosacée permet donc souvent à l’entourage (professionnel, amical ou familial) d’adopter un comportement plus approprié. Mais surtout, parler de sa maladie constitue un acte d’acceptation de celle-ci et permet souvent de se libérer du sentiment de honte inhérent à cette dernière.

Malheureusement, parler de la rosacée à son entourage lorsqu’on en souffre reste un exercice souvent difficile, en particulier pour des personnes timides ou en manque de confiance. Certaines personnes préféreront en parler à leur entourage proche, d’autres commenceront à aborder le sujet dans un cadre plus formel, professionnel par exemple. Pour les gens les plus réticents à l’idée de franchir cette étape, discuter de leurs problèmes avec des personnes inconnues peut constituer un premier pas décisif. Les forums peuvent alors constituer des outils privilégiés pour traiter de ce sujet avec simplicité ⇒ Forum Rosacea.fr.

Garder une vie sociale riche

Tout ce qui renforce la sociabilité, renforce l’estime de soi

Tout ce qui diminue la sociabilité, diminue l’estime de soi

Il est important d’avoir conscience de ces deux principes afin d’éviter de tomber dans le principal piège que tend la rosacée, celui du repliement sur soi. Désirant éviter les situations embarrassantes (rougissement en public, commentaires malvenus…), les personnes atteintes de rosacée diminuent souvent de façon très significative et à contre nature leur vie sociale, impliquant alors une diminution de leur estime de soi.

Un moyen efficace et direct de retrouver cette confiance consiste donc à retisser les liens sociaux qui ont été abandonnés. Cette reconstruction nécessite souvent un réel effort, en particulier pour les personnes dont la maladie a conduit à adopter un véritable mode de vie ayant pour objectif principal l’évitement de toutes “relations sociales à risque”. Une véritable rééducation est alors nécessaire qui doit permettre au malade de faire progressivement face aux différentes situations qu’il a appris à éviter. Bien que cette rééducation exige un véritable investissement de la part du malade, les bénéfices qu’il peut en retirer en termes de mieux-être sont importants. Le sentiment de gratification, voire même de renaissance qui accompagne la reconstruction de cette vie sociale perdue constitue un véritable moteur dans la poursuite de cette démarche.

Cultiver des liens sociaux lorsqu’on est dans une situation de perte de confiance est un exercice difficile qui nécessite une attitude volontariste. Le soutien d’un psychothérapeute pour encadrer et guider cette démarche de reconstruction peut alors être envisagé. Ce dernier pourra en effet mettre à la disposition de la personne un certains nombre d’outils (thérapie, méthodes de relaxation, éventuellement médicaments ) qui permettrons de faciliter la démarche.

La pratique régulières de certaines activités à la fois ludiques et riches en échanges humains ( par exemple le théâtre, le chant, la danse , un sport collectif) peuvent également permettre de développer la confiance en soi. En outre, à travers un travail régulier, ces activités permettent d’apprendre à contrôler ses émottions et ses craintes face au regard des autres. Un certain nombre d’associations ont même développé des ateliers basés sur ces disciplines et qui s’inscrivent dans une véritable démarche de développement personnel.