Conseils généraux avant de traiter l’acné

Le soleil

En matière d’acné, il est souvent conseillé de se protéger des expositions solaires. En

effet, si le soleil à tendance à calmer la maladie sur le moment, l’effet est négatif à long terme avec un risque d’aggravation des poussées à l’arrêt de l’exposition. Il convient aussi de rappeler que la plupart des produits locaux ou en comprimés utilisés dans le traitement de l’acné nécessitent une éviction solaire car ils sont photo-sensibilisants. De même, les lasers utilisés dans le traitement de l’acné exigent une protection solaire au moins 1 mois avant et après la séance.

Savons doux et savons surgras

Dans la plupart des cas, les médicaments de l’acné restent assez agressifs vis à vis de la peau. Il est donc conseillé d’utiliser des savons surgras ou savons doux (en vente en pharmacie). Il existe de nombreuses marques de savon surgras. Il convient de prendre soin d’utiliser des marques respectant de normes de qualité de haut niveau. Votre dermatologue, médecin généraliste ou médecin lasériste pourront vous conseiller sur vos choix.

Le rasage de la barbe

Chez l’homme, il est intéressant de savoir que le passage de la lame du rasoir peut entretenir ou aggraver le processus de formation de l’acné. On conseille donc plutôt d’utiliser un rasoir électrique avec grille qui traumatisera moins la peau et les lésions d’acné.

Manipulations diverses

Il faut évitez de pincer, gratter, ou faire éclater les boutons et les pustules car les follicules pilo-sébacés  sont remplis de pus, d’acides gras libres et de bactéries qui agravent la réponse inflammatoire, et l’inflammation augmente le risque de cicatrices permanentes. 

Produits cosmétiques

Tant que possible, il est conseillé d’éviter cosmétiques, fondq de teint, crème hydratante, et produits de beauté pour le visage, car ils bloquent les pores de la peau, leurs résidus peuvent interférer avec le traitement médical de l’acné, et ils interfèrent aussi avec la desquamation normale des cellules de peau morte. Certaines acnés chroniques s’améliorent parfois curieusement quand on arrête par accident toute application de cosmétiques sensés justement hydrater, calmer, protéger la peau…

Les traitements locaux (crèmes et pommades)

Les formes simples d’acné peuvent généralement bénéficier de traitements locaux à base de crèmes, lotions ou pommades. 

Le peroxyde de benzoyle:(ECLARAN ®, CUTACNYL ®, PANOGEL ®)

Cette substance dispose de propriétés anti-inflammatoires et bactéricides sur le germe responsable de l’acné: Proprionibacterium acnes (P.acnes). Elle est assez peu active sur les comédons. Le peroxyde de benzoyle doit généralement être couplé à un autre traitement local ou par comprimé.

Les antibiotiques locaux: (Erythromycine, Cyclines)

Ces molécules possèdent une activité anti bactérienne bien sûr, mais aussi une activité anti-inflammatoire. Leur tolérance est généralement bonne. Pour éviter les résistances on doit associer les antibiotiques locaux avec d’autres crèmes locales. Il convient aussi de ne pas poursuivre les traitements antibiotiques locaux plus de 2 mois.

Les rétinoïdes locaux:

L’isotrétinoïne locale (Roaccutane ® gel) et la trétinoïne (Vitamine A acide – EFFEDERM ®, LOCACID ®, RETIN A ®, DIFFERINE® etc…) sont très efficaces contre les comédons et les autres formes d’acné. A l’inverse des antibiotiques locaux, ils peuvent être utilisés seuls sans association. L’isotrétinoïne, même locale, ne doit pas être utilisée pendant la grossesse.

Les traitements généraux (médicaments en comprimés) 

Antibiothérapie orale par cyclines ou macrolides

On utilise les cyclines dans les acnés inflammatoires moyennes et sévères. Quand les cyclines sont contre-indiquées (enfant, grossesse, allaitement), il est possible d’utiliser des antibiotiques de la famile des macrolides (Josacine, Erythromycine, Roxithromycine…). Les traitements antibiotiques de l’acné, lorsqu’ils sont pris pas la bouche, ne peuvent généralement pas être inférieurs à 1 mois. Les cyclines nécessitent la prise de précautions comme la protection vis à vis du soleil, l’absence de prise conjointe d’isotrétinoïne per os. Une surveillance des enzymes hépatiques est parfois nécessaire.

Isotrétinoïne orale

L’isotrétinoïne orale est indiquée dans les acnés sévères : acné nodulaire, acné conglobata et acné résistant à un traitement mixte d’au moins 3 mois ayant associé antibiotique oral à posologie standard et traitement local. La durée de la prise est fonction de la dose cumulée recommandée par le laboratoire pharmaceutique. En cas de récidive à l’arrêt du traitement, on peut continuer avec un antibiotique per os et un topique local ou recommencer une cure d’isotrétinoïne. Dans tous les cas, et c’est ultra strict, aucune grossesse n’est tolérée quand on prend de l’isotrétinoïne (Roaccutane®): un test de grossesse est demandé et une contraception fiable est mise en route 1 mois avant la cure et 1 mois après. Une surveillance du fonctionnement hépatique est instituée par prises de sang régulières. Les tests de grossesse sont faits tous les 2 mois.

Hormonothérapie par pillule (Diane 35®)

La pillule Diane 35® (éthinyl estradiol – acétate de cyprotérone) peut être utilisée chez la femme en cas d’acné de sévérité mineure et moyenne, avec une durée du traitement d’au moins 6 mois.

Gluconate de zinc, RuboZinc®

L’effacité du Zinc dans l’acné est faible. Ce type de traitement n’est plus utilisé habituellement dans la maladie, sauf peut être en cas de contre-indication aux autres traitements et en cas d’acné légère.

Les traitements combinés

les consensus s’accordent pour des associations d’un antibiotique oral et d’un plus plusieurs traitements locaux.

Un traitement adapté en fonction du stade et des lésions de l’acné

Sur les acnés discrètes, il est souvent conseillé de ne rien faire, la maladie disparaissant en quelques années de façon spontannée. On ne traite en général que les acnés qui ont un rententissement psychologiques invalidant, ou les acnés de haut grade potentiellement graves par la pronostic cicatriciel.

Acné rétentionnelle (peau grasse, comédons, kystes)

Le traitement de ce type d’acné repose sur les applications locale de crèmes rétinoïdes (Vit A). Les effets secondaires sont essentiellement une irritation de la peau, un possible eczéma et un risque de photosensibilisation. Il est donc conseillé d’éviter de s’exposer au soleil pendant le traitement local. 

Acné papulo-pustuleuse

Ce type d’acné peut bénéficier de traitements locaux et généraux: Peroxyde de benzoyle local + antibiothérapie générale par cyclines. Les antibiotiques cyclines sont des médicaments photosensibilisants imposant une éviction solaire. Ils sont contre-indiqués dans la grossesse et ne peuvent être utilisés en association avec le Roaccutane (Isotrétinoïne). Il est de même interdit chez les enfants.

Acné grave ou acné résistante à un traitement antibiotique bien conduit de plusieurs mois 

L’Isotrétinoïne peut être employée. C’est un dérivé de Vitamine A disposant en sus d’une action anti-inflammatoire et d’une action inhibitrice de la sécretion de sébum. Ce produit est dangereux pendant la grossesse. Il nécessite une contraception rigoureuse un mois avant le début du traitement et un mois après l’arrêt. L’isotrétonoïne (Roaccutane) est généralement utilisée seule sans lui associer de crèmes. Pami les effets secondaires, on retrouve une sécheresse de la peau, des troubles du foie (surveillance obligatoire) et des malformations du foetus.

Acné chez la femme

Traitement hormonal possible par acétate de cyprotérone + éthinylestradiol (Diane 35 ou son générique) en plus des crèmes.

Les alternatives thérapeutiques

Le laser et l’acné

le laser est utilisé depuis des dizaines d’année dans la prise en charge de l’acné. La démocratisation de la techniques s’est faite au début des années 2000 aux USA et depuis environ 2004 en Europe. Il s’agit d’une alternative très intéressante sur le plan esthétique. Le laser permet de réduire, voir de supprimer, les traitements conventionnels.

La lumière bleue

Depuis une dizaine d’année, on voit apparaître une nouvelle forme de traitement basé sur un éclairage bleu délivré par des LED (diodes). Avec pratiquement aucune contre-indication connue, cette technique permet de réduire les traitements habituels parfois mal tolérés.